Covid 19 : les nouvelles mesures annoncées par Jean Castex

Vendredi 11 Septembre 2020

Alors que près de 10 000 cas de Covid-19 ont été enregistrés en 24 heures, un niveau record depuis le début de l’épidémie, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures ce vendredi. Priorisation des tests, quatorzaine revue à la baisse, départements placés en zone rouge… Pas de mesures drastiques, mais, une fois encore, un nouvel appel à la responsabilité collective. Une stratégie qui « ne varie pas ».

Face à une « dégradation manifeste » de la situation sanitaire, le gouvernement a annoncé ce vendredi de nouvelles mesures sanitaires, attendues avec impatience depuis l’avertissement lancé mercredi par Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique. Le virus « n’a pas baissé d’intensité » et « est là pour quelques mois encore », mais « nous devons réussir à vivre avec lui sans nous laisser entraîner à nouveau dans une logique de confinement généralisé », a prévenu le Premier ministre, qui s’est exprimé rapidement à l’issue d’un Conseil de défense. Et même si la hausse des contaminations est nette – le taux d’incidence est monté à 72 cas pour 100 000 habitants, contre 57 il y a une semaine, 42 départements ont été placés en zone rouge, alors qu’ils n’étaient que 28 jusqu’alors- il ne faut pas « mettre entre parenthèses notre vie sociale, économique et culturelle », a-t-il insisté. Rappelant l’importance d’appliquer « scrupuleusement les gestes barrières », Jean Castex a listé de nouvelles mesures : La priorisation des tests de dépistage, en réservant des créneaux supplémentaires aux personnes prioritaires, la réduction de la durée d’isolement de quatorze à sept jours, le recrutement de 2 000 personnes pour le traçage et enfin, le passage de relais à l’échelon local. Pas de mesures drastiques, donc, mais un appel à la responsabilité collective.

Face à la reprise épidémique, le Premier ministre l’assure et l’assume : « Notre stratégie ne varie pas. » Il s’agit de « dépister massivement et casser les chaînes de contamination ». Jean Castex s’est d’ailleurs enorgueilli de réaliser plus d’un million de tests par semaine. « La France est devenue le 3e pays qui teste le plus en Europe. » Pour quel résultat ? Des labos sous pression, qui sont débordés. Des patients symptomatiques qui ne peuvent être dépistés quand ils sont les plus contagieux, ce qui participe à la diffusion du virus… Le gouvernement l’a semble-t-il entendu, en décidant de prioriser les tests. Les syndicats de biologie médicale s’en félicitent. Mais dans quelles conditions cela se passera-t-il ? Le dépistage à l’aveugle va-t-il se poursuivre ? Ce revirement ne va-t-il pas retomber sur les médecins généralistes ? François Blanchecotte, président du Syndicat national des biologistes, dit craindre « des tensions ».

Icon Quote On va recruter 2 000 personnes pour faire des contrôles. Je préférerais qu’on embauche 2 000 infirmières pour ouvrir 500 lits de réanimation."
Dr Christophe Prudhomme,
porte-parole de l’association des urgentistes

Le gouvernement semble penser que le recrutement de 2 000 personnes supplémentaires à l’Assurance maladie et dans les Agences régionales de santé (ARS), pour renforcer le traçage des contacts de personnes infectées, est une solution. D’une part, cette stratégie mise en place après le déconfinement, n’a pas forcément porté ses fruits. Mais surtout, elle paraît complètement décalée quand, dans les hôpitaux, tous les personnels alertent sur le manque de personnel pour anticiper la reprise épidémique. « On va recruter 2 000 personnes pour faire des contrôles. Je préférerais qu’on embauche 2 000 infirmières pour ouvrir 500 lits de réanimation », s’est presque étranglé le Dr Christophe Prudhomme, porte-parole de l’association des urgentistes et membre de la CGT, invité de BFM vendredi soir pour réagir aux annonces de Jean Castex. « Ou sont priorités ? Si on veut passer la crise, il faut augmenter les lits de réanimation, de façon définitive. On ne sait pas combien de temps le virus va circuler. Si on veut un hôpital en bon état de marche, il faut des effectifs. Or on fonctionne à flux tendu, comme avant. » Pourtant, Jean Castex l’a lui-même reconnu : « Pour la première fois depuis de longues semaines, nous constatons une augmentation sensible de personnes hospitalisées. » Cela « suscite particulièrement notre inquiétude ». Et donc ?

D’autant que l’embolie risque d’arriver très rapidement dans certaines régions, où les indicateurs de l’épidémie se dégradent rapidement. À ce stade, rien n’a été décidé. Néanmoins, certaines nouvelles mesures restrictives pourront être prises localement, notamment dans les 42 départements désormais classés en rouge. « Il n’y a pas de conséquence automatique » pour ces départements, mais les préfets concernés auront les coudées franches pour « déclencher des mesures supplémentaires de réduction du risque » (port du masque obligatoire, restriction des rassemblements, limitation des horaires d’ouverture de certains commerces, etc.). Ainsi à Marseille, Bordeaux et en Guadeloupe, où on constate « une évolution préoccupante des contaminations » et « un taux élevé d’hospitalisation », Jean Castex a « demandé aux préfets de proposer, d’ici lundi, un ensemble de nouvelles mesures complémentaires ». Le gouvernement fait donc le choix de privilégier des mesures locales, ponctuelles, et s’en remet aux préfets. L’essentiel des mesures « ne doit pas se décider depuis Paris dans l’idée de s’appliquer partout au même moment et de la même manière », a-t-il martelé. Une décentralisation bienvenue selon les professionnels de santé. Aussi étonnant soit-il, rien n’a cependant été dit sur la région parisienne, qui est elle aussi en zone rouge…

« Nous continuerons de prendre mesures graduées, en fonction de la situation sanitaire. Dans ce cadre, le ministre de la Santé reprendra d’ailleurs ses points d’information réguliers », a conclu le Premier ministre. Avant, une fois encore, d’en appeler « au sens des responsabilités de chacun ». A suivre lundi, donc.

LE DIRECT

17h45

Fin de l'intervention du premier ministre

17h45

Appel solennel

Le Premier ministre lance un appel solennel au sens des responsabilités de chacune et chacun. Il demande la plus grande vigilance au quotidien pour les personnes âgées.

Jean Castex est particulièrement inquiet de la situation à Marseille, Bordeaux et en Guadeloupe. Il a demandé aux préfets concernés de lui faire part d'ici lundi des mesures à prendre. Le ministre de la Santé va reprendre ses points d'information réguliers.

17h43

42 départements classés rouge

2000 recrutements supplémentaires  à l’ARS et l'assurance maladie pour le traçage des cas de Covid-19. 

Durée d’isolement ramenée à 7 jours à respecter strictement et qui donnera lieu à des contrôles.

« Nous allons renforcer les circuits dédiés au dépistage » pour les personnes prioritaires, annonce également le premier ministre. « Les laboratoires leurs réserveront certains créneaux horaires ». Des tentes de dépistages leur seront aussi dédiées.

17h39

Pas de  reconfinement

Selon le Premier ministre, « Le virus est là pour quelques mois encore»   et « Nous devons réussir à vivre avec lui sans nous laisser entraîner à nouveau dans une logique de confinement généralisé»

17h37

Pas de baisse d'intensité

« Il n'y pas de ligne Maginot », explique Jean Castex. Le virus n’ a pas baissé en intensité ce sont les mêmes profils de personnes qui sont touchées. « Le virus finit inévitablement par touches les personnes les plus vulnérables »

17h35

Le virus continue de circuler

Le taux d'incidence est monté à 72 cas pour 100 000 personnes contre 57 il y a une semaine. Le pourcentage de cas positifs ne fait qu'augmenter. 

17h32

Début de l'intervention

Le Premier ministre devrait intervenir dans quelques minutes. Selon une source gouvernementale citée par l'AFP, il n'y a pas de mesures drastiques à attendre de la déclaration du Premier ministre, comme l'aurait été par exemple une fermeture des bars ou restaurants, mais un nouvel appel à la responsabilisation collective. 
Lors du Conseil de défense qui a duré trois heures, Emmanuel Macron aurait rappelé l'exigence de résultats et que davantage soit fait en matière de tests et en matière de sensibilisation des personnes sensibles. 
Le chef de l'État aurait aussi demandé à ce que les préfets et les ARS puissent agir au plus près de la réalité de chaque terrain. 

17h00

La déclaration du premier est décalée de trente minutes annonce Matignon

16h50

L’Office fédéral de la santé publique suisse (OFSP) a inscrit certaines régions de France sur la liste rouge des zones à risque élevé d’infection pour lesquelles une quarantaine est à observer.  A compter du 14 septembre 2020, les voyageurs en provenance des régions suivantes devront observer une quarantaine :

France métropolitaine

- Région Centre-Val de Loire
- Région Corse
- Région Hauts-de-France
- Région Île de France
- Région Normandie
- Région Nouvelle-Aquitaine
- Région Occitanie
- Région Pays de la Loire
- Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

Les voyageurs ou les frontaliers en provenance des régions frontalières de Franche-Comté, Auvergne Rhône-Alpes et Grand Est ne sont donc pas concernés par ces mesures.

Outre-Mer

- Territoire d’outre-mer Guyane française
- Territoire d’outre-mer Guadeloupe
- Territoire d’outre-mer Polynésie française
- Territoire d’outre-mer La Réunion
- Territoire d’outre-mer Martinique
- Territoire d’outre-mer Mayotte
- Territoire d’outre-mer Saint-Barthélemy
- Territoire d’outre-mer Saint-Martin

16h40

"Le gouvernement va être obligé de prendre un certain nombre de décisions difficiles dans les huit à dix jours". En faisant cette déclaration au Sénat, mercredi 9 septembre, le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, a prévenu les Français que de nouvelles restrictions destinées à combattre l'épidémie de COVID 19 seront prises. 

Déjà, Emmanuel Macron, en déplacement en Corse ce jeudi, a promis des décisions "déclinées territorialement".

La généralisation du port du masque en extérieur. Toulouse, Paris, Lyon ou encore Strasbourg ont adopté l’ obligation du port du masque en extérieur à des créneaux horaires particuliers. L'obligation pourrait-elle être étendue à la France entière ?

La fermeture plus tôt les bars/restaurants. Une fermeture plus précoce des bars et restaurants a déjà été décidée dans trois départements : 0h30 dans les Bouches-du-Rhône et le Nord et 1 heure à Rennes et dans les Alpes-Maritimes.

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