Grèce-turquie. Les deux pays officialisent leur dialogue

Jeudi 24 Septembre 2020
Après des discussions au sein de l’Otan, la Grèce et la Turquie annoncent des « pourparlers » afin de solder leur conflit gazier.

À couteaux tirés, voire au bord de la guerre depuis plusieurs semaines, la Grèce et la Turquie n’ont pas pour autant rompu le dialogue. Et même si la reprise de celui-ci a été officialisée le 22 septembre par le ministère grec des Affaires étrangères, les discussions se sont poursuivies au sein de l’Otan, l’organisation politico-militaire de sécurité et de défense collective qui abrite les deux voisins en lutte pour l’exploitation des richesses gazières en mer Méditerranée. « La Grèce et la Turquie sont tombées d’accord pour entamer (…) des pourparlers exploratoires bientôt à Istanbul », assure ainsi Athènes, au diapason d’Ankara. Tandis que le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, faisait état hier d’une « demi-douzaine » de réunions au siège de l’Otan pour essayer de convenir d’un « mécanisme de déconfliction » dans le but d’éviter le risque d’affrontements aériens ou maritimes accidentels.

« Donner une opportunité à la diplomatie »

La logique de désescalade semble également à l’œuvre entre la France et la Turquie. Afin de freiner les ambitions affichées de restauration de la puissance de l’ex-empire ottoman en Méditerranée, Emmanuel Macron avait annoncé le déploiement à la mi-août de deux Rafale et deux bâtiments de la marine nationale pour modérer les ardeurs de son homologue turc, coutumier des menaces et dont l’armée tente d’étendre son influence en Syrie, en Libye comme autour des gisements d’hydrocarbures situés à proximité des îles grecques. La crise avait connu une brutale accélération le 10 août dernier, avec l’envoi par Ankara d’un navire de prospection sismique dans les eaux situées entre la Grèce et Chypre, avant de le rappeler à son port le 13 septembre pour « donner une opportunité à la diplomatie ». « Le président Erdogan a dit qu’il attendait de la France du bon sens et une attitude constructive dans ce processus », expliquait le 22 septembre la présidence turque, à l’heure où ce dernier assure vouloir « résoudre les conflits par un dialogue sincère, fondé sur le droit international et une base équitable ». La reprise officielle du dialogue entre Athènes et Ankara intervient après la commande de 18 avions Rafale par la Grèce, soit la première vente de l’avion de combat français à un membre de l’Otan, et une médiation de plusieurs semaines opérée par l’Allemagne. Le dégel a d’ailleurs été officialisé à l’issue d’une visioconférence entre Recep Tayyip Erdogan, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président du Conseil européen, Charles Michel.

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