Le créateur de la série Pure, Michael Amo, s’est inspiré de faits réels survenus au Mexique dans les années 1980 pour les resituer au sein d'une communauté d'Antioche, au Canada. © Paris Première
Le créateur de la série Pure, Michael Amo, s’est inspiré de faits réels survenus au Mexique dans les années 1980 pour les resituer au sein d'une communauté d'Antioche, au Canada. © Paris Première
Vendredi, 3 Juillet, 2020

Télévision. Pure : l’Esprit sain descendu en flammes dans l’Ontario

Bien que pour une part soumise aux clichés du genre, la série policière canadienne Pure produit quelque originalité par son cadre inhabituel, inspiré d’un fait divers des années 1980.

Pure, sur Paris Première, vendredi 3 juillet, à 20 h 50

Noah Funk, le héros de la série Pure, est l’acception première du mot « funky » : c’est ainsi que les Blancs racistes des années 1960 appelaient en argot les « pue-la-sueur » noirs. Noah – bien que blanc – est un humble travailleur mennonite d’une communauté d’Antioche, au Canada. Des chrétiens évangélistes débarqués sur le continent nord-américain au XVII e siècle, qui refusent l’usage des armes et la technologie. Mais, dans cette série canadienne de 2017 inédite en France, l’imagerie d’Épinal – calèches, costumes sobres – vole vite en éclats.

« Mafia mennonite »

Car voilà : la communauté que le nouveau pasteur (Ryan Robbins) doit conduire est gangrenée par un trafic de drogue impliquant une bonne partie de ses membres dans la « mafia mennonite ». Le créateur de la série, Michael Amo, s’est inspiré de faits réels survenus au Mexique dans les années 1980, lorsqu’une « colonie » de mennonites russes poussés par la pauvreté s’était mise au service des cartels mexicains pour passer de la drogue à la frontière américaine. Ici c’est Noah, qui, en faisant mettre en prison le petit caïd local, est recruté de force par le « parrain » Eli Voss (Peter Outerbridge). De quoi intriguer un policier aux méthodes brutales, désavoué par sa hiérarchie, Bronco Novak (A. J. Buckley)…

Moins flamboyant que Breaking Bad

Au départ, le rôle principal a tout d’un Heisenberg, contraint de trafiquer pour protéger sa famille. Mais Pure ne sera pas le Breaking Bad canadien. La série manque de flamboyance, et met du temps à se mettre en place. Sans oublier la transparence des rôles féminins. Ou les clichés du genre, souvent un peu lourds mais parfois détournés avec finesse : dans le deuxième épisode, on entre dans un atelier clandestin où les femmes mennonites empaquettent de la drogue masquées. Mais là où un cartel mexicain exigerait qu’elles soient en sous-vêtements pour éviter les vols, celles-ci sont en robe et manches longues, coiffe comprise ! Au final, Pure peut se regarder comme un thriller classique, mais se démarque surtout comme drame familial, explorant les ressorts d’un milieu que l’on connaît peu.

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